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Témoignage
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Pour l’amour de son enfant Par Sophie Dumont Quand je lui ai parlé au téléphone pour la première fois, Bruno m’a semblé plutôt timide, réservé. Notre rencontre m’a fait ...
Pour l’amour de son enfantPar Sophie DumontQuand je lui ai parlé au téléphone pour la première fois, Bruno m’a semblé plutôt timide, réservé. Notre rencontre m’a fait découvrir un homme charmant avec qui il est difficile de ne pas rigoler. En effet, Bruno est très ricaneur et cela fait même oublier ce à travers quoi il est passé.
Aujourd’hui Bruno Dumont a 36 ans. Il a les cheveux foncés, un grand sourire et une physionomie athlétique. Il a toujours aimé s’entraîner. Actuellement, il est homme d’entretien, mais il est coiffeur de métier.
Il commence à coiffer vers l’âge de vingt ans. Durant ses onze années comme coiffeur, son métier étant ce qu’il est, il rencontre beaucoup de gens mais il apprécie aussi les activités en solitaire. Il privilégie les sports comme le patin à roulettes et la randonnée aux sports d’équipe comme le hockey. Vers l’âge de 27 ans, il part vivre à Montréal.
À l’âge de 31 ans, il devient père d’un beau petit garçon. Il est heureux jusqu’au jour où un événement particulier viendra tout bouleverser. Ce matin là, alors qu’il est à la salle de bain se préparant pour aller au travail, Bruno s’aperçoit que son côté droit commence à s’engourdir. Il ne réalise pas encore la gravité de son malaise; il se pose des questions sur ses chances de pouvoir se rendre au travail le lendemain matin. Il est victime d’un ACV. Sa copine, étudiante en soins infirmiers, le fait conduire d’urgence à l’hôpital. La rupture d’anévrisme qu’il a subie le plonge dans un coma qui durera trois jours et lui laissera des séquelles importantes. En effet, Bruno apprend qu’il aura à vivre avec l’aphasie. Ses parents, sa sœur et ses deux frères, encore à Québec, se rendent à Montréal pour essayer de le réconforter.
Il passera 3 semaines à l’hôpital, période durant laquelle il réalise peu à peu que ce qu’il lui est arrivé changera sa vie de façon permanente. Il doit réapprendre à parler, à lire, à écrire et à compter. À sa sortie de l’hôpital, on le dirige vers l’institut de Montréal de réadaptation où il résidera pendant 2 mois. Par la suite, une intervenante de l’institut Lucie Bruno l’aide à se trouver un logement, à se faire un budget, à faire ses commissions, à réorienter sa vie. Il continu courageusement sa réadaptation à l’institut durant près de trois ans. Cette période est l’une des plus sombres de sa vie. Sa copine et lui se séparent et il doit apprendre à vivre avec l’aphasie. Ces épreuves sont très éprouvantes pour lui mais pour l’amour de son fils, Bruno continu d’espérer. Son enfant est sa raison de vivre.
Son courage et sa détermination portent fruit. Au centre à l’Étape de Montréal, on lui trouve un emploi comme homme d’entretien. Il reprend graduellement le contrôle sur sa vie. Après un certain temps, Bruno décide de venir rejoindre sa famille à Québec. Il se trouve un emploi similaire à celui qu’il avait à Montréal.
Il est certain que la vie n’est pas rose tous les jours, mais Bruno tient le coup. Quand je lui ai demandé le conseil qu’il aimerait offrir à ceux qui vivent des situations semblables, il m’a confié que participer à des activités avec des amis de son âge qui ont les mêmes intérêts l’avait beaucoup aidé. Malgré le fait que Bruno n’aime pas lire, il est d’avis que c’est la clé pour s’améliorer. Aussi, à en croire son sens de l’humour, le rire est sûrement un bon remède pour les jours moins ensoleillés.
Sophie Dumont
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TÉMOIGNAGE Par Diane Chabot Bonjour, Je me permets de vous raconter certains moments de ma vie, car je crois que cela vous permettra de mieux me connaître. Je m’appelle Diane Chabot, je suis dans la ci...
TÉMOIGNAGEPar Diane ChabotBonjour, Je me permets de vous raconter certains moments de ma vie, car je crois que cela vous permettra de mieux me connaître. Je m’appelle Diane Chabot, je suis dans la cinquantaine et malgré mon handicap, je sais encore mordre dans la vie. Avant d’être frappée par la maladie j’étais une femme pleine d’énergie. J’ai connu des moments très heureux. J’ai eu la chance de travailler avec mon conjoint. Il était entrepreneur en construction résidentielle. Nous étions très heureux car nous vivions toujours ensemble. Pour moi rien n’était plus important que de l’aider. Sa famille m’appréciait beaucoup et nous allions les visiter souvent. Nous voyagions beaucoup et nous avions beaucoup d’amis avec qui nous partagions nos loisirs. Tout était trop beau, car le cancer me l’a enlevé. Ma famille m’a beaucoup aidé à surmonter ma peine. J’ai un père adorable et deux frères qui accourent au moindre besoin. À quarante-cinq ans j’ai fait un AVC. J’éprouve beaucoup de difficultés à parler. J’étais aussi paralysée du côté droit: obstacle que j’ai réussi à surmonter. Aujourd’hui, je demeure avec Fleur-Ange et André. Quand ma mère est décédée, ils m’ont offert sa chambre, ce qui m’a fait un grand plaisir. Ils me forcent à parler et je fais partie de la famille. Nous jouons aux cartes, je prends de grandes marches avec Fleur-Ange. J’essaie de les aider de mon mieux. Je fréquente l’école Louis-Jolliet et depuis je parle beaucoup mieux. Le jeudi, je vais à l’APIA au Centre François Charon et nous nous amusons beaucoup. J’essaie présentement de récupérer mon permis de conduire. Tout ça pour vous dire que la vie est belle et mérite d’être vécue. Je suis entourée de l’amour de tous ceux que j’aime et je suis heureuse. Je veux souhaiter à tous la même chance. Votre compagne Diane.
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TÉMOIGNAGE Sylvie Maltais-Barette pour Charles Barette Charles n’a pas connu son père, décédé accidentellement, alors que sa mère était enceinte de lui. Comme sa mère ava...
TÉMOIGNAGESylvie Maltais-Barette pour Charles BaretteCharles n’a pas connu son père, décédé accidentellement, alors que sa mère était enceinte de lui. Comme sa mère avait déjà dix autres enfants, il a dû, comme ses frères et soeurs, vivre à l’orphelinat dès son enfance. Il aimait beaucoup sa mère qui l’appelait Ti-Blanc parce qu’il avait les cheveux et les yeux noirs. Vers l’âge de douze ans, sa mère le reprenait avec elle. Il a pu poursuivre ses classes dans le quartier Limoilou. Il s’intéressa très vite à la mécanique, son oncle ayant un garage. Avec les années, il devint un très bon mécanicien spécialisé dans le remontage des moteurs. Charles s’était éloigné de la religion un certain temps, mais il a retrouvé la foi au cours de ses années passées à Baie-Comeau au contact de bons amis et d’enfants. Il faut dire que Charles aimait beaucoup les enfants et c’était réciproque. Pas encore marié à 48 ans, il demandait fermement à Dieu de lui faire rencontrer une femme avec qui partager sa vie. C’est lors de sont retour à Québec que nous nous sommes rencontrés. Ce fut presqu’un coup de foudre et le mariage eut lieu deux ans plus tard. Ce coup de foudre a duré 21 ans et demi et nous nous aimons toujours même s’il est décédé le 12 juillet 2002. Charles était cardiaque; il a subi des pontages au coeur. Par la suite, il a souffert d’un cancer de la gorge, d’un AVC et de plusieurs autres cancers qui le firent mourir. Autant Charles a eu le courage de vivre avec ses cancers et de récupérer de l’AVC autant il a eu le courage d’accepter le diagnostic fatal du médecin. Après cette rencontre avec le médecin, il m’a dit: “Je vais aller retrouver papa et maman”. Sa foi était grande. Au bout d’une semaine, il était décédé. Je me rappelle toujours cette petite phrase de Charles: “Si je pars le premier, je vais t’aider Sylvie”. Quand j’ai besoin d’aide, j’ai recours à lui et à Dieu. Je remercie le personnel du centre François Charon et de l’APIA pour les bons soins et l’encouragement reçus. Sylvie Maltais-Barrette Membre de l’APIA
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TÉMOIGNAGE Par Edmée Boucher Le 10 septembre 2001, en pleine nuit, je m’éveille avec un malaise au bras droit. Je le sens mort avec la sensation d’avoir un morceau de bois près de moi. Je n’a...
TÉMOIGNAGE Par Edmée Boucher
Le 10 septembre 2001, en pleine nuit, je m’éveille avec un malaise au bras droit. Je le sens mort avec la sensation d’avoir un morceau de bois près de moi. Je n’ai aucune idée de ce qui se passe. En bougeant le bras, il commence à revenir à l’état normal. Ce que je pense; je crois avoir mal dormi, le bras sous moi. Je me rendors.
Au lever, je fais une lègère toilette avant de préparer mon déjeuner. En voulant peler mon orange avec une cuillère, je la prends à l’envers. Curieux ! J’ai de la difficulté à enlever la pelure. Je me verse une tasse de thé avec la tasse à l’envers. Tout coule sur le comptoir. Toujours pas de panique. Je ne réalise aucunement ce qui m’arrive.
Je prends une douche. Tout va bien. Tout se précise bien au moment où je veux composer un premier numéro de téléphone. Tous les chiffres semblent tous mêlés. 911 Pas question ! Je frappe chez mon voisin qui me trouve un peu dérangée.
L’ambulance ... L’hôpital ... Je reste calme.
Après les fêtes une autre légère attaque. Tout bascule. La panique. La crainte qu’une autre attaque m’envahisse. Période difficile. Avec de l’aide j’arrive à me stabiliser. Trois mois d’orthophonie au centre François Charon. Je déménage dans un endroit sécuritaire. Mon bénévolat auprès des personnes aphasiques a grandement aidé ma réadaptation. Comme les personnes aphasiques, je reste toujours craintive. Ma vie continue d’une autre façon.
Joyeux Noël et bonne santé à tous. Edmée Boucher
TÉMOIGNAGE Par Lucille Blais Chabot
“Extrait du journal La Jasette, juin 1987” Pique atout ou coeur atout ? Club de cartes.
Un désir exprimé par plusieurs se concrétise. Un club de cartes se forme. La première, le 24 mai, dimanche à 14:00h. M. Jean-Guy Leblanc en est le responsable attitré.
Edmée Boucher, bénévole
La fondation de l’Association des personnes intéressées à l’aphasie remonte à 1986 et déjà en juin 1987 on retrouve trace de notre chère Edmée dans les pages du journal La Jasette. C’est que dès l’origine, Edmée fut une ressource inestimable: tous les comités en place l’ont eue dans leur rang pendant ??? ans. De bénévole au départ, on la retrouve comme administrateur de l’assocation pendant plusieurs années.
Vouloir énumérer toutes les responsabilités assumées par Edmée ne serait pas une mince affaire. Attentive aux besoins de l’association et de ses membres, responsable, dynamique, imaginative, organisatrice, serviable, généreuse, affable au large sourire permanent, et avec des bons mots pour tous, elle a vraiment égayé les murs de l’A.P.I.A.
Edmée, je me souviens de toi avec affection et ardeur. Dans mes pensées, je suis avec toi dans cette bataille que tu livres toi aussi avec l’aphasie après t’être tant occupée des aphasiques. Je suis aussi convaincue que ta ténacité te permettra d’avoir encore le verbe haut. Sois assurée que ta venue à l’A.P.I.A. et à ses événements est toujours un plaisir pour les participants.
Lucille Blais Chabot
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TÉMOIGNAGE de Gaston Boudreau Par Marie Vézina, bénévole à l’APIA Le sourire chaleureux de M. Boudreau m’accueille dès mon entrée dans le local de l’APIA. Ce local, il le conn...
TÉMOIGNAGE de Gaston Boudreau Par Marie Vézina, bénévole à l’APIA
Le sourire chaleureux de M. Boudreau m’accueille dès mon entrée dans le local de l’APIA. Ce local, il le connaît bien, puisqu’il est président du conseil d’administration de l’APIA. Je le rencontre aujourd’hui pour qu’il me partage un peu de son vécu, en lien avec son implication auprès des personnes aphasiques. M. Boudreau a longtemps travaillé auprès des entreprises québécoises en marketing et en recherche et développement de produits. Ingénieur mécanique, il détient une maîtrise en administration des affaires. Cinq jours avant la date prévue pour sa retraite, il fait un accident vasculaire cérébral (AVC). Depuis lors, il est devenu familier avec le Centre de réadaptation physique de Québec. M. Boudreau n’est pas devenu aphasique à la suite de son AVC, mais il a écopé d’une hémiplégie gauche, c’est-à-dire une paralysie partielle de la moitié de son corps. Il se déplace en chaise roulante. Ses habiletés mathématiques et sa mémoire à court terme sont aussi légèrement affectées. Cela ne l’empêche pas de rayonner par sa bonne humeur, son dynamisme et sa vivacité d’esprit.
Par ses contacts et un concours de circonstances, il s’est retrouvé à l’APIA. Il met ses aptitudes à profit, au sein de cet organisme, pour briser l’isolement social des personnes aphasiques, les valider et améliorer leur estime de soi : « Parfois, les personnes aphasiques ne veulent pas sortir de chez elles. Non pas qu’elles aient honte, mais elles sentent qu’elles sont un peu un fardeau pour les autres, parce qu’elles ont souvent besoin d’aide. À l’APIA, nous voulons bâtir un climat agréable qui les amène à sortir, pour éviter qu’elles se referment sur elles-mêmes. » Les limitations physiques des personnes aphasiques, M. Boudreau les comprend bien puisqu’il les partage. Il est aussi très sensible au désarroi qu’entraînent les perturbations du langage : « La communication, c’était mon gagne-pain. Je suis conscient du manque de ces personnes. Discuter, faire des blagues, taquiner, voilà autant de plaisirs de la vie qui deviennent moins accessibles avec l’aphasie. » Le plus difficile, m’explique-t-il, c’est faire le deuil des capacités perdues. Grand sportif, il a dû faire le deuil du ski, de la danse sociale, et quoi encore.
Pour contrebalancer les incapacités, il suggère d’utiliser au maximum les fonctions préservées : «Il faut axer l’énergie mentale sur ce qui reste, développer ses habiletés.» Les ateliers de peinture permettent aux personnes aphasiques de s’accomplir dans la création d’œuvres artistiques. M. Boudreau développe une technique personnelle de peinture à la spatule. Il souhaite se perfectionner dans cette branche, peut-être même présenter ses tableaux dans des symposiums. Pourquoi pas? En s’investissant à fond dans quelque chose, c’est plus facile d’oublier ses difficultés. Mais bien sûr, le temps aide aussi à mieux s’accepter et à mieux vivre avec ses limitations. L’aphasie frappe sans prévenir. Aux proches des personnes aphasiques, M. Boudreau suggère d’être patient. Une bonne écoute et un bon sens de l’observation permettent de mieux déchiffrer les messages que les personnes aphasiques ont parfois de la difficulté à livrer. Le cœur de ces personnes ne change pas à cause du handicap. M. Boudreau est persuadé que l’appréciation des proches et le contact humain peuvent être préservés malgré les difficultés de communication : « Ce que tu as semé avant, le fruit du contact, perdure.»
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